Philosophie et état d'esprit

Vision et Convictions

2021 : La crise que nous traversons signe une fin, et donc un commencement. Nous sommes parfois invités, parfois contraints, d’envisager autrement notre rapport au travail, notre lien avec l’environnement, la qualité des relations que nous tissons avec notre entourage, et pour certains, le sens que nous donnons à notre existence. Il va sans dire que cela implique une certaine interrogation personnelle de ses valeurs et de ses priorités !

Pour moi, rien de nouveau sous le soleil : ces questions sont la base de mon parcours et le fondement de mon accompagnement. Consultante en management et coach depuis 1997, animatrice de clubs Apm (progrès pour le dirigeant) depuis presque autant, j’ose dire que l’entreprise est un univers que je connais bien, tout en ayant la distance liée au fait d’avoir les pieds et la tête dehors. J’ai vu l’appétit de certains dirigeants grandir, j’ai vu la prédation à l’œuvre, j’ai vu ce que signifie « toujours plus ». J’ai aussi accompagné des dirigeants modérés, même des humanistes authentiques en quête d’une véritable sobriété joyeuse.
 

Ayant un sens aigu de la globalité des situations de l’entreprise, étant à l’aise avec la complexité des idées et du monde, mon domaine d’expertise réside dans la capacité à établir très efficacement un diagnostic, puis un plan d’action simple et vivifiant : comprendre ce qui se passe, et par quoi il est juste de commencer pour faire avancer le bateau dans le bon sens !

J’aime l’harmonie, je cherche et participe à la construire sous toutes ses formes, mais je ne suis pas du genre «bisounours». Je ne pense pas qu’on permette à l’homme d’être au meilleur de lui-même à partir exclusivement de gentillesse, de bonnes intentions, de « merci !», de « c’est génial », de « vous êtes super ». J’ai cru, un temps, à ce management positif, basé sur la bienveillance, et l’encouragement inconditionnel. J’ai cru qu’à force de positif, on poussait dans le bon sens, c’est d’ailleurs en partie vrai : sur le plan énergétique, l’énergie suit la pensée, et la pensée positive crée de l’énergie et de l’entrain.

Mais j’ai vu les dérives des pratiques du « soft management » : une absence de capacité à faire face à la réalité, à assumer ses responsabilités, une frilosité à prendre des décisions, et une absence de créativité et confiance pour agir dans l’incertitude.

Il semble évident que l’entreprise se voit récupérer une fonction de structuration (pour ne pas dire éducation) d’une partie de ses collaborateurs. Ceux-ci cherchent (consciemment ou non, explicitement ou non) un tuteur sur lequel s’appuyer.
Remplir ce rôle d’accompagnateur (encadrant, dirigeant, éducateur, coach, collègue, etc… ) demande rigueur, courage et autorité, et bien sûr, patience, solidarité et indulgence.

 

Avec cette pratique d’une philosophie basée sur le respect du cadre et du goût d’une certaine forme d’exigence, polarisée avec un sens élevé de la dignité et la capacité créative des Hommes, on a les bases pour un agir constructif (le contraire de l’agitation, du stress et du toujours plus). Une telle entreprise devient, pour ceux qui y oeuvrent, un lieu favorable pour gagner en humanité, et donc à s’élever.

 

L’inconnu de ce moment, et probablement des années à venir, engendre de la peur et la frilosité : le dirigeant, tout comme le manager, doivent être solides, détendus, et avoir une vision suffisamment élevée de leur rôle et de la mission de leur entreprise ou service, pour créer un climat de confiance. C’est primordial pour les collaborateurs qui pourront ainsi co-créer un mouvement et des actions bénéfiques pour le plus grand nombre et le bien commun.

 

Puisque nous voilà tous dans l’inconnu, soyons des débutants !
Acceptons de ne pas savoir (vive l’humilité !), gardons-nous de refaire un peu plus de la même chose, et faisons des petits pas assurés en restant vigilants – en ouvrant les yeux, les oreilles… et le coeur. Car le Petit Prince avait raison : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible aux yeux ».
 

Véronique Lorgnier